Le pressage de l'huile de colza est souvent considéré comme un procédé mature et bien établi. Pourtant, dans les projets industriels concrets, il demeure l'une des sources les plus fréquentes d'instabilité de fonctionnement, de fluctuations du rendement en huile et de coûts de raffinage incontrôlés. La cause profonde réside rarement dans une machine isolée ou une capacité de pressage insuffisante, mais plutôt dans une inadéquation structurelle entre la variabilité naturelle des matières premières de colza et les exigences rigoureuses d'une production industrielle continue.
Une vaste expérience en ingénierie montre que :
Le principal défi du pressage de l'huile de colza n'est pas de savoir si l'huile peut être extraite, mais si elle peut l'être de manière stable, prévisible et durable dans des conditions de matières premières fluctuantes.
Le simple remplacement d'une presse par un modèle plus grand ou à pression plus élevée résout rarement des problèmes tels que le blocage, l'instabilité de la charge ou la détérioration de la qualité du pétrole brut.
Ce n’est qu’en considérant le pressage de l’huile de colza comme un problème d’ingénierie des systèmes, intégrant le prétraitement, le pressage et la manutention de l’huile brute, qu’un équilibre durable entre le rendement, la qualité et la stabilité opérationnelle peut être atteint. 👉 ( Quels facteurs influencent la durée de vie et la stabilité d’une presse à huile ? )
Cet article analyse systématiquement les principaux défis d'ingénierie liés au pressage de l'huile de colza et propose des solutions pratiques et applicables tant pour la planification de nouveaux projets que pour la modernisation des installations existantes.

Deuxième huile végétale la plus produite au monde, l'huile de colza est élaborée selon un procédé qui, bien que paraissant maîtrisé, recèle d'importantes difficultés systémiques. L'efficacité du pressage, la stabilité de la qualité de l'huile et la fiabilité des équipements forment un équilibre triangulaire délicat ; tout déséquilibre se traduit directement par des fluctuations de production, une hausse des coûts d'exploitation ou des risques liés à la qualité.
La contradiction fondamentale réside dans le conflit entre la variabilité naturelle des matières premières du colza et les conditions de fonctionnement rigides qu'impose la transformation industrielle en continu.
Les caractéristiques des matières premières définissent le point de départ de la conception du procédé et sont à l'origine de nombreux problèmes d'ingénierie en aval.
Le colza contient généralement une forte proportion de coques, habituellement de 18 à 25 %, avec une structure coque-grain dense qui rend la séparation efficace difficile. Sans décorticage et séparation efficaces :
Le rendement en huile avant pressage tend à fluctuer entre 36 et 42 % ;
Les coques brisées mélangées aux écailles augmentent considérablement l'usure des vis et des cages ;
La teneur en fibres de la farine augmente, ce qui réduit sa valeur économique en tant qu'aliment pour animaux.
D'un point de vue technique, ce n'est pas la quantité importante de coque qui pose problème en soi, mais le fait qu'elle ne soit pas maîtrisée.
Les graines de colza contiennent naturellement des glucosinolates, des phospholipides et des gommes, qui affectent tous négativement le pressage et le raffinage en aval :
Dans des conditions de chaleur humide, les glucosinolates se décomposent enzymatiquement en isothiocyanates, provoquant des problèmes d'odeur de pétrole brut et accélérant la corrosion des équipements ;
Une teneur élevée en phospholipides et en gommes augmente la viscosité du pétrole brut, accroît la résistance au pressage et augmente considérablement les pertes par dégommage et blanchiment.
L'expérience en ingénierie montre que ces problèmes sont souvent amplifiés lors du pressage, plutôt que d'apparaître soudainement lors du raffinage.
Il existe des variations importantes selon les sources, les variétés et les saisons de production du colza :
Le colza canadien « à double faible teneur » se distingue nettement des variétés à haute teneur en acide érucique par sa teneur en huile, en gommes et en glucosinolates ;
Les fluctuations saisonnières de l'humidité affectent directement le conditionnement et le pressage des fenêtres ;
Les variations de la teneur en huile et en hydrocarbures rendent les paramètres de fonctionnement fixes inadaptés à un fonctionnement stable à long terme.
Conclusion technique : si la variabilité des matières premières n'est pas prise en compte dans la conception du procédé, un fonctionnement instable devient la norme plutôt que l'exception.

Le prétraitement n'est pas simplement une étape auxiliaire avant le pressage ; il constitue le fondement qui détermine si le pressage peut être contrôlé et stabilisé.
Les impuretés légères accélèrent l'usure des équipements ;
Les impuretés lourdes (métaux, pierres) sont une cause majeure de pannes mécaniques et d'arrêts imprévus.
Compte tenu de la forte teneur en enveloppes du colza, une séparation efficace des enveloppes et des graines nécessite généralement une combinaison de technologies de décorticage par tamisage, aspiration et impact. En pratique :
💡 Des performances de pressage stables ne sont généralement réalisables que lorsque la teneur en coques entrant dans la presse est contrôlée à ≤8%.
Le conditionnement du colza est très sensible à l'humidité et à la température. Les plages de température et d'humidité typiques sont les suivantes : humidité : 5 à 7 %, température : 60 à 80 °C.
Un écart d'humidité de seulement ±0,5 % peut entraîner des différences opérationnelles importantes :
Trop faible : faible plasticité, débit restreint, risque accru d’étouffement ;
Trop élevé : matière trop molle, huile trouble, risque accru de détérioration des aliments.
Un préchauffage modéré réduit la consommation d'énergie lors du floconnage et améliore la structure des flocons, mais doit être coordonné avec les paramètres de floconnage :
Épaisseur typique des éclats : 0,3–0,5 mm ;
Une épaisseur excessive inhibe la libération d'huile ;
Une épaisseur excessive augmente la production de fines et la consommation de vapeur.
Les conditions de prétraitement déterminent directement la structure et la valeur nutritionnelle du repas :
Un sur-conditionnement ou un bris excessif entraînent une farine pulvérulente et une consommation de solvant plus élevée lors de l'extraction ;
Une structure trop compacte réduit la pénétration du solvant et l'efficacité d'extraction ;
Une température et une humidité inadéquates entraînent la dénaturation des protéines et une diminution de leur appétence.
Conclusion technique : le prétraitement influe non seulement sur le rendement en pétrole, mais aussi sur la valeur des sous-produits, ce qui en fait un facteur clé de la rentabilité globale du projet.

La section cruciale est celle où convergent de multiples contradictions.
La génération de chaleur par frottement et compression à l'intérieur de la presse est inévitable. Lorsque la génération de chaleur excède la dissipation et que les températures locales dépassent 120 °C, les risques augmentent fortement.
Couleur de l'huile foncée due à la transformation des pigments et à la dénaturation de la gomme ;
Dégradation des nutriments thermosensibles tels que la vitamine E ;
Formation de peroxydes et de polymères, augmentant considérablement la charge de raffinage.
La géométrie de la vis, le profil de pression et la vitesse de rotation de l'arbre déterminent conjointement la force de cisaillement :
Cisaillement insuffisant → taux d'huile résiduelle élevé dans le gâteau ;
Cisaillement excessif → excès de fines, obstruction des canaux d'huile, usure accélérée.
Dans des conditions de matières premières variables, la force de cisaillement optimale correspond à une plage dynamique et non à un réglage fixe.
Obstruction causée par une variation d'humidité, le contenu de la coque, un entretien inadéquat ou l'usure ;
Les fluctuations de charge dues à une vitesse d'alimentation instable ou à un réglage de pression retardé se répercutent directement sur la variation du courant moteur.
Ces symptômes indiquent généralement un déséquilibre systémique plutôt qu'une défaillance isolée d'un équipement.
Se concentrer uniquement sur la capacité de la presse ou le rendement théorique en huile tout en ignorant la compatibilité avec le prétraitement et la manutention du pétrole brut est un écueil de conception courant.
Conclusion technique : le fonctionnement instable d’une presse est souvent le résultat d’une inadéquation du système, et non de la conception de la presse seule.

Évaluation des matières premières en premier lieu : teneur en huile, rapport coque, humidité, gommes, glucosinolates ;
Logique de décision :
Teneur en coque > 20 % ou objectif de valeur nutritive élevée → décorticage fortement recommandé ;
Variabilité élevée des matières premières → contrôle de conditionnement amélioré et surveillance en ligne ;
Positionnement des huiles pressées à froid/physiques de qualité supérieure → limites de température strictes, en acceptant un certain compromis sur le rendement en huile.
Contrôle de la température de la presse par zones (par exemple ~105°C dans les zones avant, ≤120°C dans les zones arrière) ;
Commande adaptative basée sur la rétroaction courant-pression du moteur, ajustant en temps réel la vitesse de la vis et l'épaisseur du gâteau.
Des zones tampons entre le prétraitement et le pressage pour absorber les fluctuations en amont ;
Capacité de filtration et de refroidissement du pétrole brut supérieure à la capacité de production maximale de la presse ;
Surveillance et retour d'information liés aux paramètres clés (humidité, température, charge du moteur, température de l'huile).
L'objectif du pressage n'est pas seulement le rendement en huile, mais aussi la stabilité de la qualité du pétrole brut (couleur, indice d'acide, indice de peroxyde, fluctuations des phospholipides). Un pétrole brut stable réduit considérablement les pertes de raffinage et améliore la rentabilité globale.
Le pressage mécanique pur ne permet généralement pas de réduire la teneur en huile résiduelle dans le tourteau à moins de 5 %. Pour les installations d'une capacité supérieure à 100 t/jour visant un taux de récupération d'huile total supérieur à 98 %, une méthode de pré-pressage suivie d'une extraction par solvant est généralement plus économique.
Les mauvaises performances sont souvent dues à :
Capacité de prétraitement ou contrôle inadéquats ;
Goulots d'étranglement du système et capacités inadaptées ;
Sélection d'un itinéraire de traitement incorrect pour la matière première donnée.
Les mises à niveau ciblées des systèmes offrent généralement un meilleur retour sur investissement que le remplacement d'une seule presse.

Le pressage de l'huile de colza implique des interactions thermiques, mécaniques et chimiques étroitement liées. Les solutions efficaces doivent concilier adaptabilité du procédé, stabilité opérationnelle et performance économique à long terme.
QIE GROUP se spécialise dans les solutions de transformation de l'huile de colza axées sur l'ingénierie, en proposant des projets clés en main couvrant l'évaluation des matières premières, la conception des procédés, l'intégration des systèmes et le support opérationnel à long terme. Notre objectif est d'aider nos clients à atteindre une production stable, efficace et durable, même dans des conditions de matières premières complexes et variables.